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On reproche souvent à google ce qu'ils ont fait en Chine au niveau de la censure, et cette entreprise est surveillée très attentivement à ce niveau là. C'est assez logique, dans le fonctionnement "traditionnel" du web, le moteur de recherches est le portail quasi-exclusif par lequel les internautes peuvent découvrir de nouvelles sources d'information. Aujourd'hui, je ne vous apprends rien, ce n'est plus exactement le cas. Le web social est maintenant le principal vecteur par lequel les internautes arrivent pour la première fois sur un site. Il est aussi devenu un des principaux vecteurs par lesquels la censure opère.
Vous avez très certainement constaté l'omniprésence sur facebook des petits liens qui permettent de dénoncer des propos et même des profils. Ils ont des intitulés très divers. En anglais, ça va de l'assez menaçant "report this profile" au totalement neutre "Flag". facebook nous encourage à exercer notre droit à la censure. Ils considèrent que ce n'est pas vraiment leur boulot, c'est le nôtre.
Il s'agit là d'un type de censure particulièrement pervers : une censure populiste automatisée. Les avis qui vont être pris en compte seront forcément les plus violents, ceux des pires réactionnaires de gauche et de droite. L'utilisation de filtres informatiques permettant de déceler quels signalements sont les plus valides et quels comptes et quels contenus doivent être supprimés ajoutent une petite touche de déshumanisation au processus.
Pour beaucoup d'entre nous, la censure est devenue une arme par laquelle nous pouvons faire prévaloir notre avis, et dénoncer ce qui n'est pas acceptable. Ça peut donner des situations assez drôles, comme sur cette page d'Éric Zemmour sur facebook, où les pros et les antis se livrent une bataille sans merci, et où la durée moyenne de survie d'un profil avant fermeture définitive est de deux jours. Ça peut surtout donner des situations très dangereuses, où les militants d'une cause ou d'un état se servent de multiples comptes et de procédures automatisées pour museler leurs contradicteurs. Les bassidj iraniens savent très bien se servir de facebook et de twitter.
Faire régner l'ordre sur un réseau social, c'est quelque chose d'extrêmement difficile. Pour ne pas y dépenser trop d'argent, facebook a donc délégué son privilège de censure à ses algorithmes et à ses membres. Personellement, je trouve que le privilège qui m'est accordé est d'un goût douteux.
Je n'ai pas à me prononcer à sur ce qu'on n'a pas le droit dire et ce qu'on doit proscrire. Ce genre de décisions doit être pris par la collectivité, pas en tenant compte de dénonciations individuelles. C'est pour cela que je ne fais aucune dénonciation, ni sur les pires groupes racistes et homophobes de facebook, ni sur des comptes twitter inutiles et haineux. Ce n'est tout simplement pas mon rôle, et les dérives possibles de ce systême de censure le rendent extrêmement dangereux. |
Commentaires
Sur un espace modéré, comme je l'imagine ce doit être le cas pour la page Eric Zemmour, c'est surement l'admin de la page qui signale les profils qui le dérangent.
On ne parle plus de grosses communautés là. on parle de TRES grosses communautés. Ça donne un intérêt beaucoup plus politique à la chose. Si tu suis le dernier lien du billet, on en voit tout de suite la preuve :
search.twitter.com/search?q=spam+%23iranelection
Évidement, le "report as spam" utilisé comme arme, c'est un autre problème, mais je voulais juste indiquer que d'après mon expérience, la dénonciation spontanée n'est pas un vrai problème.
Je parlais effectivement surtout du "report as spam" utilisé comme une arme, ou à mauvais escient. Mais d'une manière générale, je trouve que c'est une mauvaise chose de laisser cette option à l'utilisateur final. C'est pas son boulot.
J'ose espérer que le blocage de profil ne s'applique qu'aux cas avérés de spam, et que les verrous ont été mis afin que ça ne tourne pas à la possibilité de censure que tu décris.
Mais... "Qu'est-ce que l'espoir ? Une catin qui nous séduit pour se faire tout donner."
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